Institut Pasteur de la Guyane

Prise en charge médicale d’un sujet potentiellement exposé à la rage en Guyane

mardi 28 octobre 2008 par André SPIEGEL

En Guyane, toute personne, mordue, griffée ou léchée sur une peau excoriée ou une muqueuse par un animal sauvage ou domestique doit être considérée comme potentiellement exposée à la rage.

La prise en charge repose chez l’homme sur un traitement non spécifique mis en œuvre par le médecin prenant en charge le patient et sur un traitement spécifique administré en Guyane dans un centre de traitement antirabique situé à l’Institut Pasteur de la Guyane et dans six antennes de traitement antirabique (Kourou, Saint Laurent du Maroni, Apatou, Grand Santi, Maripasoula, Saint-Georges de l’Oyapock).

Traitement non spécifique de la rage (rappel des recommandations)

  1. Traitement local de la plaie
    Toute plaie doit être lavée abondamment à l’eau savonneuse puis rincée à l’eau pure, enfin désinfectée, par un antiseptique (povidone iodée, chlorhexidine, Dakin).
  2. Vérification de la prophylaxie antitétanique
  3. Antibioprophylaxie
    Dans le cadre de la prévention de maladie d’inoculation (pasteurellose, germe anaérobie,…), il est conseillé de débuter une antibiothérapie systématique à large spectre. L’antibiothérapie se justifie chaque fois qu’une plaie est suspecte d’infection et donc notamment après morsure animale, à fortiori s’il existe des signes d’infection.
    Elle fait appel à l’association amoxicilline-acide clavulanique pendant 5 à 14 jours (chez l’adulte 3 g/j s’il existe des signes infectieux et 2 g/j si les signes infectieux sont absents, chez l’enfant : 80 mg/kg). En cas d’allergie aux bêta-lactamines ou en cas de griffure ou morsure de chat : doxycycline (chez l’adulte : 100 mg, matin et soir - chez l’enfant de plus de 8 ans : 4 mg/kg/j).

Traitement spécifique de la rage (post-exposition)

Lieu du traitement antirabique :

Selon la circulaire de la Direction Générale de la Santé n°2003-184 du 8 avril 2003, le traitement des personnes susceptibles d’avoir été contaminées par le virus rabique doit être effectué exclusivement dans des centres et des antennes de traitement antirabique. Le centre de traitement antirabique (CTAR) est dirigé par un médecin ayant justifié d’avoir suivi un stage au Centre National de Référence de la Rage, unité de la rage, à I’Institut Pasteur de Paris. Ce médecin a pour attribution l’appréciation du risque de contamination, l’indication et la mise en œuvre du traitement antirabique. L’antenne de traitement antirabique a pour unique attribution d’effectuer le traitement antirabique.

En Guyane, l’organisation actuelle repose sur le CTAR situé à l’Institut Pasteur et sur six antennes de traitement antirabique dont les coordonnées figurent ci-dessous.

- Centre de traitement antirabique
Institut Pasteur de la Guyane
23, avenue Pasteur
97306 Cayenne
Tél. 05 94 29 26 00
ouvert du lundi au vendredi de 8h à12h30 et le samedi matin sur rendez-vous.

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Nombre de patients annuellement pris en charge par l’Institut Pasteur de la Guyane pour une exposition potentielle à la rage.

Antennes de traitement antirabique :

- Centre Médico-Chirurgical
Avenue Léopold-Héder
97310 KOUROU
Accueil : Tél. 05 94 32 76 76 / urgences : Tél. 05 94 32 77 81 ou 76 50

- Centre Hospitalier de l’Ouest Guyanais
Avenue du Général-de-Gaulle
97320 ST LAURENT DU MARONI
Accueil : Tél. 05 94 34 88 88 / urgences : 05 94 40 70 32

- Centre de Santé
97317 APATOU
Tél. 05 94 34 90 33 / 05 94 34 93 30

- Centre de Santé
97340 GRAND SANTI
Tél. 05 94 49 53 06 / 05 94 49 53 05

- Centre de Santé
97370 MARIPASOULA
Tél. 05 94 37 11 24

- Centre de Santé
97313 ST-GEORGES DE L’OYAPOCK
Tél. 05 94 37 06 38

Nature du traitement :

La prise en charge repose sur l’administration :
- d’une vaccination antirabique qui comporte au total 4 doses : 2 doses de vaccin lors de la première consultation (J0), une dose lors de la deuxième consultation (J7) et une dose lors de la troisième consultation (J21)
- et le cas échéant l’injection d’immunoglobulines.

La prise en charge médicale tient compte de la surveillance des animaux mordeurs ou griffeurs qui s’effectue durant une période de 15 jours s’il s’agit d’un animal domestique et 30 jours s’il s’agit d’un animal sauvage apprivoisé ou tenu en captivité, dans les conditions prévues par l’arrêté du 21 avril 1997. Cette surveillance comporte l’obligation pour le propriétaire ou le détenteur de soumettre l’animal, vacciné ou non, à trois visites effectuées par un vétérinaire investi d’un mandat sanitaire. Cette surveillance est effectuée au frais du propriétaire.


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